Mustang 50 ans : en 1964, la première acheteuse

première acheteuse mustang 1Gail Wise est la première personne à avoir acheté une Mustang de série. Elle a acquis son convertible le 15 avril 1964, à l’âge de 22 ans, deux jours avant la date officielle du début des ventes. Cinquante ans plus tard, elle est toujours propriétaire de sa Mustang, aujourd’hui restaurée. (Texte et photos FoMoCo)

En 1964, Gail Brown a 22 ans et se lance dans la vie. Alors institutrice d’école primaire, elle habite chez ses parents et part travailler au volant du cabrio Fairlane 500 1957 de sa mère, en attendant d’avoir sa propre voiture. Nous sommes au milieu des années 60, la culture automobile est en pleine explosion : sa voiture devra être cool, et ce sera un cabriolet !
Notre acheteuse novice se rend avec ses parents chez Johnson, un concessionnaire Ford de Chicago où les Brown achètent depuis des années leurs voitures neuves. Après un petit tour du showroom, Gail avoue au vendeur qu’elle ne trouve rien à son goût. Avec un petit sourire, celui-ci lui confie : « Passez derrière avec moi, j’ai quelque chose de vraiment nouveau à vous montrer. » Dans un entrepôt, encore sous une bâche, il dévoile à Gail un convertible Mustang 65 Skylight Blue tout neuf, équipé d’un V8 260 ci et de compteurs Rally Pac. « C’est tout à fait moi ! C’est ça que je veux ! » s’exclame Gail. Elle fait reprendre la Chevy 58 fatiguée d’une amie pour 400 dollars et emprunte de l’argent à ses parents pour compléter la somme, qui s’élève au total à 3419 dollars.

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Le convertible 1965 de Gail Wise, à l’été 1964. Aujourd’hui on parle de ces premières Mustang comme des 64 1/2. Curieusement, la voiture ne porte pas la même immatriculation sur toutes les photos (CL6609 et CL66011).

Ce genre d’histoire s’est répété des centaines de milliers de fois dès le début des ventes le 17 avril 1964. Ce qui est unique, dans le cas de Gail Brown, c’est qu’elle a pu acheter le ponycar le 15 avril, deux jours avant la date officielle de commercialisation, ce qui fait d’elle la première personne connue à avoir acheté cette future icône de la culture américaine.

UN INTÉRÊT PERMANENT

Aujourd’hui, Gail se rappelle avec émotion les premiers jours où elle était propriétaire d’une Mustang : « Il y avait un collège attenant à notre école primaire, et les garçons ont craqué sur la Mustang. Cette année-là, j’étais l’institutrice la plus cool de l’école. Notre concierge m’a dit que s’il avait pu demander 1 dollar à chaque personne qui est venue regarder ma Mustang de près, il aurait pu prendre sa retraite ! »
Melanie Banker, directrice du marketing Ford Mustang, explique : « Dès le premier jour de sa mise en vente, grâce à son mélange d’élégance, de performance et son accessibilité financière, la Mustang a attiré un vaste éventail de clientèle masculine et féminine de toutes les tranches d’âge. Ces caractéristiques font encore aujourd’hui partie de la recette Mustang. »
Gail a dû s’habituer au fait que tous les regards se tournent vers elle et sa voiture. « Les premiers mois, je me sentais partout comme une vedette de cinéma, dit-elle. Je me souviens que tout le monde me faisait des signes de la main et mettait le pouce en l’air. »

AINSI VA LA VIE

En 1966, Gail épouse Tom Wise, son fiancé de longue date, qui vient de terminer son service dans la marine (non, elle ne l’a pas harponné grâce à sa Mustang…). L’année suivante, le couple s’installe dans une banlieue de Chicago et fonde une famille. La Mustang se comporte fidèlement et devient en 1974 la voiture de tous les jours de Tom, mais elle commence à sentir le poids des ans. Quinze hivers à Chicago et quatre enfants qui s’en servent comme terrain de jeu, voilà comment en 1979 elle se retrouve avec des ailes rouillées, des planchers qui cèdent, et des petits pépins mécaniques à répétition. Lors d’un hiver particulièrement froid, Tom découvre que la batterie a été volée sur la voiture parquée dans la rue. Par la suite, le convertible est poussé dans l’allée de la maison, puis dans le garage. Le câble d’accélérateur rouillé ne facilite pas les démarrages, et chaque chose en entraînant une autre, la Mustang finit par être mise de côté. La vie suit son cours, il y a quatre enfants à élever, et la voiture passe les 27 années suivantes au fond du garage.

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Dans les années 70, la famille Wise au complet avec leur Mustang 65 convertible.

A certains moments, Gail souhaite s’en débarrasser, car finalement, elle occupe une place précieuse. Mais Tom déclare régulièrement qu’il la restaurera un jour, et la voiture finit par s’endormir sous les amas d’affaires qu’on pose dessus. Elle traverse patiemment les années 80 et 90, et une fois que le plus jeune des enfants s’est envolé du foyer familial et que Tom a pris sa retraite, l’idée de la restauration refait son apparition. En 2007, Tom passe à l’action.

UNE VRAIE RENAISSANCE

Trois ans plus tard, la carrosserie a été excisée de ses tôles gangrenées, rénovée, repeinte, elle a reçu une capote neuve, la mécanique est réparée, et le couple Wise est à nouveau sur la route au volant de la Mustang. « Je suis un fan de voitures, mais plutôt un restaurateur qu’un amateur de restomods. Cette voiture est totalement d’origine, conforme à sa sortie d’usine, » explique Tom.

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La Mustang avant sa restauration. Elle est bien malade, et Tom va devoir changer de nombreuses pièces de carrosserie (photo transmise par Guillaume Vesnat, merci à lui)

C’est Gail qui a acheté la voiture lorqu’elle était neuve, mais elle ne la conduit plus du tout : « Tom a tellement travaillé sur cette voiture que j’aurais peur de la rayer. Désormais je suis très contente de rester sur le siège passager. » Les Wise roulent beaucoup, se servant de cette Mustang historique comme d’une voiture de tous les jours. Depuis la fin de la restauration, ils se sont rendus à de nombreux meetings de voitures anciennes et ont visité les grosses villes alentours. Ils ont étonné tous les amateurs avec leur histoire unique et les documents qui l’attestent.

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La famille Wise en visite au speedway d’Indianapolis avec leur Mustang maintenant restaurée.

Aujourd’hui, leurs enfants ont eux-mêmes des enfants, et on imagine le succès de cette voiture dans la famille. « Nos petits-enfants l’adorent, tout le monde l’adore, dit Gail. On va tous se promener avec en ville, mais on ne les emmène pas très loin parce qu’il n’y a pas de ceintures de sécurité. On s’amuse beaucoup. » Tom mentionne en passant qu’une de ses plus jeunes petites-filles est tombée amoureuse de la voiture et lui a déjà demandé : « Grand-père, je pourrai avoir la voiture, quand j’aurai 16 ans ? »

Ci-dessous, Gail Wise raconte l’achat de sa voiture en 1964 et nous la fait visiter aujourd’hui en compagnie de son mari Tom (merci à Pierre Maugan pour le lien).

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4 réponses à Mustang 50 ans : en 1964, la première acheteuse

  1. Alain dit :

    Bonjour. Est-il possible d’avoir cette vidéo en francais ? Merci.

  2. robin dit :

    Quelle magnifique histoire ! Je suis l’heureux possesseur d’une Mustang cabriolet 65 Tropical Turquoise depuis 4 ans, et je compte bien la conserver à vie. Que du bonheur à chaque sortie ! J’aimerais dialoguer encore et encore avec ce couple génial.

  3. Zoot dit :

    Tout à fait d’accord avec vous Célia.

  4. Célia dit :

    Belle histoire, belle Mustang… Nous les femmes faisons décidément bon ménage avec les belles mécaniques :p