Des lowriders au Musée du Louvre

Une Buick 37 et une Monte Carlo 79 ont été installées au Musée du Louvre dans le cadre d’une exposition consacrée par Le Clézio aux cultures de plusieurs continents. (texte et photos Claude Lefebvre)

Jean-Marie Gustave Le Clézio, prix Nobel de littérature, est ouvert à de nombreuses cultures et voyage beaucoup. Il a rassemblé dans une petite salle du Musée du Louvre une exposition d’oeuvres de différents pays pour qui il a un attachement particulier : Haïti, le Vanuatu, l’Afrique, le Mexique. La salle de la Chapelle accueille des dessins naïfs  narratifs mexicains, et plusieurs véhicules représentatifs de la culture lowrider sont exposés. Devant l’entrée de la salle, on découvre un vélo et une poussette chamarrés. Si la Buick 37 Black Crow de Fernando Ruelas grelotte dans un couloir venteux du rez-de-chaussée, la pièce de résistance qu’est la Monte Carlo Orgullo Mexicano de Chino Vega trône, très bien mise en valeur, au milieu du grand hall situé sous la pyramide. Le Clézio a rédigé pour l’exposition un épais catalogue où, dans deux longs paragraphes, il décrit et analyse avec pertinence et sensibilité la culture chicano et la façon dont sont nés et ont évolué les lowriders. L’expo vous laissera sur votre faim si vous vous attendez à un festival de lowriding, mais si vous passez par le centre de Paris, allez détailler la Monte Carlo, elle vaut le détour.
« Le Musée monde », exposition jusqu’au 6 février, salle de la Chapelle, aile Sully, tous les jours de 9 à 17h45 sauf le mardi. Renseignements www.louvre.fr et 01.40.20.53.17.

DERNIÈRE MINUTE : les lowriders ont été retirés juste avant Noël…!

The Crow, la Buick sedan 1937 de Fernando Ruelas. « Cette Buick appartenait à Fernando Ruelas, fondateur du club des Dukes, de Los Angeles, qui l’avait achetée adolescent. Quarante ans plus tard, c’est son fils Jason qui s’en occupe. The Crow est devenue un classique de l’épopée des lowriders, son austérité est caractéristique de la première phase du mouvement, au moment de la lutte pour les droits civiques des Chicanos dans les années soixante. » Alice Le Clézio
« La famille Ruelas (du Dukes Car Club) consacre tous ses efforts et une grande partie de son temps à la passion du lowriding, cette pratique qui consiste à réhabiliter des classiques de l’automobile aux Etats-Unis en abaissant la carrosserie au ras du sol. Les lowriders ne suivent pas une mode éphémère. Dans les années 50, les pachucos, un groupe de jeunes gens d’origine hispanique ou mexicaine vivant à Los Angeles, s’approprie un pur objet de la production industrielle, l’automobile, pour en faire un moyen d’expression de leur revendication et de leur quête d’identité. »  JMG Le Clézio

Orgullo Mexicano (fierté mexicaine), la Chevrolet Monte Carlo 1979 cabrio d’Alejandro « Chino » Vega, collection C&L Customs. « Cette Chevrolet Monte Carlo, c’est Chino Vega qui l’a montée boulon après boulon pour en faire la fierté de son pays d’origine. Cette voiture fantaisiste imaginative est pleine de cet humour et de ce sens de la dérision qui caractérisent la jeune génération des Mexicains-Américains, en proie aux tracasseries de la police et de la brigade de surveillance de frontières. » Alice Le Clézio
« Les carrosseries rutilantes, les chromes, les prouesses techniques des moteurs, les suspensions surpuissantes capables de cabrer plusieurs tonnes de métal, de les faire rouler sur trois roues, de les faire danser sur place – ce ne sont plus des voitures ce sont des cuirasses, des châteaux d’acier, des triptyques, des refuges pour les familles, des autels aux ancêtres ou aux saints… Ces voitures sont leur révolte contre la discrimination, contre le silence qui étouffe leur culture ancestrale. » JMG Le Clézio

Pour en savoir plus sur le lowriding, visitez le site du magazine américain Lowrider.
Pour vous connecter sur la scène française du lowriding, de plus en plus active, visitez le forum Eastriddaz.
Un disque à écouter  :  Chavez Ravine, de Ry Cooder.

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