100 ans d’emblèmes Chevrolet

L’emblème Chevrolet, surnommé nœud papillon (« bowtie », en anglais), est célèbre dans le monde entier depuis sa création en 1913 par William Crapo Durant, le co-fondateur de la marque. (texte d’après GM, photos GM et archives)

William C. Durant, homme d’affaires américain créateur de la General Motors Corporation en 1908, reprend les rênes de Chevrolet après le départ de Louis. On lui doit l’emblème au noeud papillon, mais un mystère entoure les circonstances exactes de l’invention de celui-ci.

En 1913, la marque Chevrolet n’a que deux ans, mais ambitionne déjà de devenir l’un des plus grands constructeurs du monde. L’introduction d’un emblème simple et identifiable apposé sur les voitures de la marque naissante est un bon moyen d’affirmer la forte identité de la société.

La version officielle de la façon dont le logo a vu le jour est bien connue. L’histoire, confirmée par William Durant lui-même, raconte que l’idée de la forme du logo lui est venue d’un motif de papier peint dans un hôtel parisien. Selon The Chevrolet Story de 1961, un ouvrage officiel écrit à l’occasion du 50e anniversaire de Chevrolet, « il est né de l’imagination de Durant quand, lors d’un voyage en France en 1908, il vit ce dessin se répétant à l’infini sur le papier peint de sa chambre d’hôtel. Pensant que cela pourrait faire un beau logo sur une voiture, il arracha un morceau du papier peint et l’emmena pour le montrer à ses amis. »

Mais il y a plusieurs versions de cette histoire, dont l’une vient de la famille même de Durant. En 1929, Margery, la fille de William Durant, publie un livre intitulé My Father. Elle y raconte qu’il griffonnait parfois des projets de voitures sur des morceaux de papier à la table du dîner. «Je pense que c’est un soir, entre le potage et le poulet, qu’il a esquissé ce schéma que toutes les Chevrolet portent jusqu’à présent. »

La publicité pour les boulets de charbon Coalettes parue dans The Atlanta Constitution du 12-11-1911 aurait bien pu inspirer William C. Durant, selon une des hypothèses.

Un demi-siècle plus tard apparaît une autre version, racontée dans un numéro de Chevrolet Pro Management Magazine de 1986. Interviewée treize ans auparavant, Catherine, l’épouse de William, s’était souvenue des vacances qu’elle et son mari avaient passées en 1912 à Hot Springs (Virginie). En lisant un journal dans leur chambre d’hôtel, William se serait exclamé en voyant un dessin : « Je pense que ce serait un très bon emblème pour Chevrolet ! » Malheureusement, elle ne se rappelait pas très bien de quel motif il s’agissait, ni de la façon dont il avait été utilisé.
Ce détail éveille suffisamment la curiosité de Ken Kaufmann, historien et journaliste au magazine The Chevrolet Review, pour qu’il essaye de vérifier l’information. Dans le numéro du 12 novembre 1911 de The Atlanta Constitution, un journal publié en Géorgie, il a retrouvé une publicité de la Southern Compressed Coal Company vantant les Coalettes, des boulets de charbon destinés au chauffage domestique. Le logo des Coalettes est un nœud papillon incliné, très semblable à la forme qui va bientôt devenir l’emblème Chevrolet. Est-ce ce logo (ou un semblable) qu’allaient voir l’année suivante William Durant et son épouse, quelques états plus au nord ? Quoi qu’il en soit, le nœud papillon devient très vite l’emblème définitif de Chevrolet, puisqu’une publicité apparaît dès le 2 octobre 1913 dans le Washington Post : «Exigez ce logo !», recommande le slogan figurant sous l’emblème.

Il y encore d’autres versions. Pour certains, ce dessin serait une stylisation de la croix du drapeau suisse. En effet, Louis Chevrolet est né en Suisse, à la Chaux-de-Fonds (canton de Neuchâtel), de parents français, le jour de Noël 1878.

On ne connaîtra sans doute jamais la vérité, mais le nœud papillon de Chevrolet est depuis presque un siècle le symbole de la fiabilité et du rapport qualité-prix de la marque.

Les commentaires sont fermés.