Chevy sedan mild custom : construction

Déchromée, droppée, équipée d’un small block et de suspensions à air, la berline Chevy 54 de Cyrille Chabod (Gold Coast Garage) est une des américaines transformées les plus abouties apparues lors de la saison 2006. Voyons ici le détail des opérations. (texte Claude Lefebvre, photos Ludo, Fabrice et Cyrille, complément à l’article Kustom Kool paru dans Nitro 226 de février-mars 2007)

chevy-54-bel-air-kustom-chabod-011) Lorsque Cyrille Chabod achète cette berline Chevrolet Bel Air 1954, elle est en bon état et roulante, mais Cyrille a pour elle de grandes ambitions. Nous sommes en 2004. Il laisse de côté la construction de son rod Peugeot 401 pick-up woodie, et attaque la Chevy.

chevy-54-bel-air-kustom-chabod-022) La Chevy possède un moteur 6 cylindres post-1965 attelé à sa Powerglide attitrée. Le pont GM 10 boulons reçoit les chevaux grâce à un arbre de transmission à l’air libre en remplacement du tube de poussée d’origine. Mais cette belle mécanique est tout de suite mise au rancard. Cyrille veut pouvoir sentir la secousse quand il ouvre les gaz en grand, mais n’a pas besoin d’abattre des temps phénoménaux sur le dragstrip, puisque la vocation de la Chevy est le kruising kool.
Il récupère un small-block Chevy 327 et la boîte Powerglide alu assortie, les positionne dans le compartiment moteur dépourvu de tout le masque avant, fabrique de nouveaux supports-moteur. Il modifie les jambes de force reliant la cloison pare-feu au chassis pour donner de la place au bloc.

chevy-54-bel-air-kustom-chabod-033) Profitant de ce que le nouveau moteur est en place, Cyrille fabrique la double ligne d’échappement en tube d’inox de 61 mm de diamètre. Les cut-outs permettant la mise en échappement libre sont des vannes d’eau modifiées. Elles seront commandés depuis l’habitacle par les câbles servant originellement au chauffage. Une fois la ligne fabriquée, montée à blanc, et ses pattes de fixation soudées au chassis (ce qui permettra de les peindre en même temps que celui-ci), elle est remisée en attendant le montage final.

 

 

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4) Le 327 est remis à neuf : toutes les pièces d’usure sont remplacées, et il reçoit entre autres un arbre à cames Comp Cams, une pompe à huile neuve, un équilibreur de vilebrequin, une tubulure d’admission Edelbrock RPM et un carburateur Edelbrock 650.

chevy-54-bel-air-kustom-chabod-055) Le moteur une fois remonté est peint du même gris prévu pour la carrosserie, avec suffisamment de pièces chromées ou polies pour illuminer un compartiment moteur qui sera impeccable. Cyrille profite de son compartiment moteur vide pour refaire le cadre qui supporte à la fois le radiateur et toute la face avant.

chevy-54-bel-air-kustom-chabod-066) C’est le moment de s’occuper du train avant. Toutes les bagues et tous les caoutchoucs sont remplacés par des neufs. Pour dropper la voiture, Cyrille coupe 2 spires aux ressorts hélicoïdaux et installe des fusées Fatman décalées de 2,5 pouces. Il installe également des freins à disques de Caprice 1977 en faisant tourner fusées et porte-moyeux pour adapter des roulements industriels aux bonnes cotes (nettement moins cher que d’acheter les roulements ad hoc aux Etats-Unis). Les porte-étriers sont réalisés à la fraiseuse numérique dans des plaques d’acier.

chevy-54-bel-air-kustom-chabod-077) Une fois ces améliorations mécaniques réalisées, Cyrille s’attaque au gros morceau : la carrosserie. Il décaisse la Chevy, et sable le chassis. Puis il le phosphate, l’apprête, le peint et le vernit.

chevy-54-bel-air-kustom-chabod-088) La caisse est entièrement démontée. Après avoir lissé la cloison pare-feu, Cyrille entame les modifications de déchromage : suppression des poignées de portes, des baguettes de bas de caisse, bouchage de la trappe à essence, soudage du capot en une seule partie. Tous les rebouchages sont effectués à l’étain. La voiture ayant été repeinte entièrement par le précédent propriétaire quelques années plus tôt, Cyrille se sert de cette peinture comme d’une sous-couche, qu’il dépolit et recouvre d’apprêt jaune.

chevy-54-bel-air-kustom-chabod-099) Le logement de la roue de secours, dans le coffre, est rebouché afin d’obtenir un plancher plat sous lequel pourra passer la double ligne d’échappement. Le réservoir d’essence reste celui d’origine, suspendu sous la caisse par des feuillards métalliques. Le bouchon d’essence est désormais dans le coffre.

chevy-54-bel-air-kustom-chabod-1010) Les jupes d’ailes arrière d’origine sont conservées, mais rallongées de 5 cm vers le bas afin d’être en alignement avec les bas de caisse et d’abaisser optiquement l’auto.

chevy-54-bel-air-kustom-chabod-1111) Avant de remonter la caisse, Cyrille attaque la peinture du dessous. S’apercevant que sur l’apprêt jaune, la peinture grise couvre mal et nécessite beaucoup trop de matière première pour être efficace, il ponce l’apprêt jaune et passe un apprêt gris, mieux adapté à la teinte finale.

chevy-54-bel-air-kustom-chabod-1212) Une fois la caisse sur roues et en apprêt gris, Cyrille entreprend de peindre le toit et le tableau de bord dans le vert bouteille brillant qui est la teinte définitive de ces parties. Il peint ensuite les intérieurs, les entrées de portières, de capot et de coffre, la cloison pare-feu, les intérieurs de portes, les dessous de capot et de coffre. Puis il remonte les portes, le capot et le coffre et peaufine les alignements.

chevy-54-bel-air-kustom-chabod-1313) Les flammes sont tracées directement sur l’apprêt, à main levée, au crayon de papier, en partant du bas de caisse gauche jusqu’au bas de caisse droit : Cyrille veut être sûr qu’elles ne seront pas symétriques.

chevy-54-bel-air-kustom-chabod-1414) Cyrille pose ensuite un filet plastique de carrossier de 5 mm sur le contour des flammes déjà peint en noir à l’aérographe en suivant le trait de crayon. Il masque l’intérieur des flammes. Il pulvérise le gris sur l’entièreté de la carrosserie. Puis il décache les flammes, cache le gris, et réalise les flammes en dégradé de vert au petit pistolet. On ne vous donne pas les détails (il faut bien qu’il y ait un peu de mystère…), mais vous imaginez bien que les flammes passant les unes par dessus les autres ont nécessité une vraie jonglerie !

chevy-54-bel-air-kustom-chabod-1515) Cyrille décache ensuite toute la voiture, et la recouvre de 4 couches de vernis transparent. Toutes les opérations de mise en peinture et de vernissage doivent être effectuées dans la même journée.

chevy-54-bel-air-kustom-chabod-1616) Deux jours plus tard, Cyrille dépolit le vernis avant d’en passer deux autres couches, puis il décache la voiture. Vous pensez que c’est le moment de tout remonter ? Pas du tout : Cyrille dépose le masque avant, et peint séparément les tôles de passages de roues, les bavolets de pare-chocs avant et arrière, les ferrures de pare-chocs.

chevy-54-bel-air-kustom-chabod-1717) Il réinstalle le moteur et la boîte, fabrique un faisceau neuf qui passe dans les rails du chassis de façon à laisser le compartiment moteur le plus lisse et dépouillé possible, et remonte enfin le masque avant et tout l’accastillage qui revient de chez le chromeur.

chevy-54-bel-air-kustom-chabod-1818) La voiture est remontée, à part l’intérieur dont les éléments sont partis pour refabrication à l’identique chez Joël Château (71-Crissey, Tél : 03.85.43.89.84), un sellier spécialisé dans l’auto ancienne. Cyrille remonte le ciel de toit, puis la lunette arrière, ainsi que la vitrerie neuve qu’il a fait fabriquer et teinter. La voiture fait ensuite un séjour de cinq jours chez le sellier, le temps que celui-ci installe tous les éléments qu’il a fabriqués en utilisant ceux d’origine pour modèle.

chevy-54-bel-air-kustom-chabod-1919) Rendu là, on pourrait penser que la voiture est finie, que son propriétaire va en profiter immédiatement et le plus possible… Mais Cyrille, vous l’avez remarqué, est un perfectionniste. Il décide que la Chevy n’est pas assez basse, et qu’il lui faut des suspensions à air. Sans même avoir roulé avec sa Chevy, il commande chez Chassis Tech un kit complet : quatre amortisseurs à air (« boudins »), un poumon, un compresseur, quatre doubles électrovannes et un boîtier de commande. Normalement, tout ce matériel est à montage direct (« bolt on ») pour les Chevy 54. Mais en fait, il faut effectuer de très nombreuses modifications sur les trains avant et arrière : modifs des triangles de suspension avant, de la traverse avant, déplacement des ancrages d’amortisseurs avant et arrière. Toutes les photos qui suivent ont été prises une fois les suspensions pneumatiques installées et opérationnelles.

chevy-54-bel-air-kustom-chabod-20 20) Le train avant est équipé d’origine de ressorts hélicoïdaux. Chaque ressort repose en bas sur une coupelle solidaire du triangle inférieur, et en haut sur une coupelle intégrée à la tourelle formée à cet endroit par la traverse avant. Pour installer la suspension pneumatique, il faut remplacer le ressort, dont le diamètre est de 11,5 cm, par un boudin gonflable de 18,5 cm, et… il n’y a pas de place ! Cyrille commence par déposer entièrement la traverse, qui est boulonnée, pour travailler plus à son aise sur l’établi. Il façonne dans les tourelles une concavité laissant de la place aux boudins, modifie le triangle inférieur ainsi que les coupelles inférieure et supérieure, de façon à ce que le boudin, bien calé, travaille verticalement sans se déformer. On voit ici le boudin en compression maximale, presque entièrement invisible dans ses deux logements. L’amortisseur, dans le montage d’origine, se trouvait à l’intérieur du ressort hélicoïdal. Il a fallu le déplacer vers l’avant de la voiture et le fixer sur des platines supérieure et inférieure fabriquées spécialement. La barre anti-roulis, qui était dans le chemin, est supprimée. Vous l’avez compris, la voiture est ici dans sa position la plus basse : avec les fusées décalées et les boudins dégonflée, elle est quasiment posée par terre, à 20 cm en dessous de sa position normale.

chevy-54-bel-air-kustom-chabod-2121) Le boudin avant est ici gonflé au maximum : la voiture est plus haute que d’origine, et cette position n’est pas utilisée sauf pour faire « danser » l’auto lors des shows. Pour rouler, Cyrille utilise un gonflage intermédiaire, qui droppe tout de même la Chevy de 12 cm.

chevy-54-bel-air-kustom-chabod-2222) A l’arrière, le travail porte à la fois sur les lames de ressorts, sur les boudins et sur les amortisseurs. Vous avez ici une vue générale de l’installation, l’avant de la voiture se trouvant sur la droite. Notez pour commencer la cale de droppage fixée entre les lames de ressort et le pont : elle fait remonter le pont dans la caisse de 8 cm, droppant d’autant la voiture.

chevy-54-bel-air-kustom-chabod-2323) Cyrille a supprimé 3 lames sur les 6 que comprend la suspension. Le boudin est fixé sur une platine fabriquée spécialement en tôle épaisse, qui est ancrée à l’avant sur l’étrier servant à fixer le pont aux lames. A l’arrière, cette platine est flottante pour ne pas brider les mouvements du ressort, sur lequel elle coulisse en fonction des irrégularités de la route. Le boudin est simplement boulonné sur cette platine.

chevy-54-bel-air-kustom-chabod-2424) La fixation supérieure du boudin doit se faire sur une surface parallèle à la fixation inférieure, sinon le boudin travaille de travers et se crève. Or à cet endroit, les rails du chassis suivent une courbe montante pour passer au dessus du pont. Cyrille a donc fabriqué une platine en tôle, soudée au dessous du rail.

chevy-54-bel-air-kustom-chabod-2525) Originellement, les fixations supérieures des amortisseurs arrière se trouvent dans le coffre de la voiture. Ici, gêné par la double ligne d’échappement, Cyrille les a légèrement déplacés, les penchant vers l’avant de l’auto, et les fixant à des platines spéciales soudées au chassis.

 

 

 

 

 

chevy-54-bel-air-kustom-chabod-2626) La Chevy 54 a fait fureur dès sa sortie dans tous les meetings où Cyrille s’est présenté à son volant. La relative rareté du modèle sous nos cieux, l’approche choisie et le degré de finition de la voiture forment un tout impressionnant. Découvrez la Chevy de Cyrille ne détails dans Nitro 226 de février-mars 2007. Quand au rod 401 que vous avez aperçu au détour de ces photos, il devrait être prêt pour l’été 2007, après quoi Cyrille attaquera sérieusement le coupé Chevrolet 1948 qu’il s’est offert l’hiver dernier. Infatigable !

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