John Z. De Lorean, 1925-2005

delorean-de lorean-pontiac-gto-1968De Lorean, voilà un nom qui, en France, évoque immédiatement la sportive à carrosserie inox de Retour vers le Futur. Construite en Irlande du Nord et équipée d’un V6 PRV, cette voiture a causé la ruine de son concepteur, malgré un coup de pouce de plus de 150 millions de dollars du fisc britannique. En 1982, pour remonter les finances de sa société, De Lorean plonge tête baissée dans un trafic de cocaïne. Il est finalement acquitté car il réussit à prouver qu’il s’agissait d’un piège monté par le FBI.
Avant cette désastreuse aventure solo, John Z a travaillé pour les plus grands constructeurs américains. Né à Detroit, il est engagé comme ingénieur chez Packard en 1952. On raconte que pour savoir combien d’acier utiliser pour les pare-chocs des nouvelles Packard, il avait téléphoné à un ingénieur d’une des divisions de la GM pour lui demander le poids de ses pare-chocs. Celui-ci, le prenant pour le responsable d’une autre division, lui avait donné le renseignement.

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John De Lorean à l’époque où il a lancé en Irlande du Nord la construction de son coupé sportif à carrosserie inox et moteur V6 Renault. Pour financer son projet, il va bientôt se lancer dans le trafic de cocaïne et tomber dans un piège monté par le FBI.

Après le rachat de Packard par Studebaker en 1956, De Lorean entre à la General Motors. C’est là qu’en 1964, il a l’idée de faire monter le V8 389 ci dans la caisse des petites Pontiac Le Mans pour en faire la GTO, avec le succès que l’on sait. On peut donc dire qu’on lui doit l’époque des muscle cars. C’est aussi lui le père du 6 en ligne Pontiac à arbre à cames en tête, de la Grand Prix 1969, et de la GTO Judge. A la GM, De Lorean n’est pas le ponte standard : il multiplie les liaisons avec des mannequins et des actrices, prête des voitures au tout-Hollywood, adopte des tenues vestimentaires excentriques, et fait tout pour s’intégrer à la jet-set. Son succès à la tête de Pontiac (sous son règne, la marque passe le million de voitures vendues) lui vaut de prendre les rênes de Chevrolet en 1969, puis de evenirer vice-président de la General Motors en 1972.
Mais, n’arrivant pas à se plier à toutes les contraintes de ce poste, il démissionne l’année suivante (ou est démissionné, selon les versions). Il cède ensuite à la tentation de devenir un constructeur à part entière, avec l’insuccès que l’on sait. John Z. De Lorean est décédé en ce début d’année 2005, ruiné, à l’âge de 80 ans. (texte Claude Lefebvre, photos GM, article paru dans Nitro 217 en rubrique USA Live)